Les chiffres du CPF 2025 publiés par la Dares, le service statistique du ministère du Travail, montrent 1,226 million de formations lancées grâce au compte personnel de formation, soit 11 % de moins qu'en 2024. L'emploi des droits recule, mais la formation professionnelle certifiante en informatique, en sécurité et en VAE progresse.
Le CPF en 2025, en quatre repères
- 1,226 million d'entrées en formation, contre 1 387 500 en 2024 (-11 %).
- Le nombre de titulaires qui mobilisent leurs droits baisse de 10 % sur un an.
- Le transport, permis de conduire en tête, garde 40 % des entrées malgré un repli de 21 %.
- La VAE double (+101 %), la création d'entreprise perd 60 %.
Combien de formations le CPF a-t-il financées en 2025 ?
Le compte personnel de formation a financé 1,226 million d'entrées en formation en 2025, selon l'étude de la Dares « Le compte personnel de formation en 2025 », reprise par TPE Actu en août 2026. L'écart avec 2024 atteint 161 500 formations : 1 387 500 parcours avaient débuté l'exercice précédent, un total lui-même en hausse de 4 % sur 2023.
Le nombre de personnes qui utilisent leur CPF suit la même pente, avec un recul de 10 % en un an. Un tiers des utilisateurs de 2025 avaient déjà mobilisé leurs droits auparavant : le dispositif touche donc une part stable d'habitués, et le flux de nouveaux titulaires se tarit.
La série longue remet ce repli en perspective. Les entrées avaient culminé à 1 851 200 en 2022, avant de tomber à 1 335 900 en 2023 (-28 %) après le premier tour de vis contre la fraude et le démarchage. Le léger rebond de 2024 n'a pas tenu : 2025 se place sous le niveau de 2023, et ramène le CPF à son étiage depuis l'ouverture de l'application Mon Compte Formation en novembre 2019.
Ces données clés viennent des séries de la Dares, source de référence sur l'évolution du compte, alimentées par les dossiers de la Caisse des Dépôts ; chaque actualité sur le sujet reprend ces séries. La tendance de fond se lit sur dix ans d'existence du CPF, créé le 1er janvier 2015 : en dix ans, le champ du compte s'est resserré sur les actions qualifiantes.
Le reste à charge freine-t-il l'usage du compte personnel de formation ?
La participation forfaitaire obligatoire pèse sur les entrées depuis sa création le 2 mai 2024. Fixée à 100 euros au départ, elle passe à 102,23 euros en 2025 puis à 150 euros en 2026, montant indexé sur l'inflation et revu chaque 1er janvier d'après la fiche CPF de Service-public (vérifiée le 27 juin 2026).
La rupture se lit dès le second semestre 2024 : la courbe des inscriptions plonge au moment où la participation entre en vigueur, et 2025 est la première année pleine avec ce reste à charge. Sur une formation courte, le coût pour le titulaire change la décision ; sur une certification plus longue, la somme pèse moins face au prix total.
Certaines situations échappent à cette participation : un abondement de l'employeur, l'usage des points du compte professionnel de prévention pour accéder à un emploi moins exposé, ou une incapacité permanente d'au moins 10 % ouvrant un abondement de reconversion. Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit une nouvelle majoration pour les demandes validées à compter du 2 octobre 2026, dont le montant reste à fixer.
L'alimentation du compte, elle, ne bouge pas : 500 euros par année de travail à mi-temps ou plus, dans la limite de 5 000 euros, et 800 euros par an (plafond 8 000 euros) pour un salarié sans diplôme de niveau CAP ou BEP.
Quels domaines progressent et lesquels reculent ?
Les domaines de formation financés par le CPF évoluent en sens opposés en 2025 : le numérique et la sécurité gagnent du terrain, les langues, la bureautique et la création d'entreprise en perdent. Le tableau compare les variations publiées par la Dares pour l'année.
| Domaine | Évolution 2025 | Facteur cité |
|---|---|---|
| VAE | +101 % | décret de l'été 2025 |
| Communication | +31 % | communication digitale |
| Sécurité | +24 % | cybersécurité, agents de sécurité |
| Informatique | +19 % | certifications en intelligence artificielle |
| Langues vivantes | -6 % | reste à charge sur des parcours courts |
| Bureautique | -21 % | offre recentrée |
| Transport | -21 % | permis moto à -94 % |
| Création d'entreprise | -60 % | règles d'éligibilité durcies |
Les formations en informatique profitent de l'arrivée de certifications liées à l'intelligence artificielle au répertoire spécifique, et la sécurité attire autant les métiers de la surveillance que ceux de la cybersécurité. Pour comprendre ce que vaut un titre inscrit au répertoire national, la reconnaissance d'une certification RNCP sur le marché du travail fait la différence entre deux offres de même intitulé.
Le permis de conduire reste le premier poste malgré la chute du permis moto
Le permis de conduire et les autres formations du transport représentent 40 % des entrées en 2025, ce qui en fait toujours le premier domaine du CPF. Le repli du domaine (-21 %) vient surtout du permis moto, en baisse de 94 % : son financement par le compte personnel de formation a été restreint, alors que le permis B reste éligible sous conditions. Le permis poids lourd et les certificats de transport de marchandises restent dans le champ, car ils ouvrent sur un emploi.
Pourquoi la création d'entreprise s'effondre de 60 %
Les formations à la création d'entreprise reculent de 60 % en 2025 parce que les règles d'éligibilité se sont durcies, non par désintérêt pour l'entrepreneuriat. Les actions non certifiantes ne peuvent plus servir à apprendre un métier ou un geste professionnel sous couvert de création d'activité, une pratique que la Caisse des Dépôts associait aux abus. Un futur créateur passe désormais par une certification ou par l'accompagnement à la création proposé hors CPF.
La VAE double après la réforme de 2025
La validation des acquis de l'expérience progresse de 101 % en 2025, portée par un décret de l'été qui simplifie le parcours et rend le service France VAE plus accessible. Un actif reconnaît ainsi ses compétences par un diplôme ou un titre sans suivre tout le cursus ; le CPF finance l'accompagnement et le jury. Le bilan de compétences, souvent mobilisé en amont d'une VAE, reste un usage stable du dispositif.
Qui utilise son CPF : salariés et demandeurs d'emploi
Les salariés restent majoritaires parmi les titulaires qui utilisent leur CPF, mais la part des demandeurs d'emploi inscrits à France Travail augmente en 2025 : leurs entrées progressent de 8 % alors que l'ensemble recule de 11 %. France Travail abonde souvent le compte d'un demandeur pour compléter le financement d'une formation qualifiante, ce qui amortit l'effet du reste à charge.
Pour une personne éloignée de l'emploi, le compte sert de moyen d'insertion professionnelle ; un jeune en début de carrière dispose en revanche de droits modestes, faute d'années de travail cumulées.
Le CPF devient ainsi un outil de retour à l'emploi autant qu'un droit individuel à la formation au long de la vie. Côté entreprise, l'abondement de l'employeur supprime la participation du salarié et permet de cofinancer un parcours lié au plan de développement des compétences ; c'est l'un des leviers que les branches et les grandes entreprises mobilisent.
Les jeunes actifs, eux, se tournent davantage vers l'apprentissage, qui suit sa propre trajectoire : les entrées en apprentissage de 2025 reculent aussi, pour des raisons budgétaires différentes. Les deux séries décrivent une formation professionnelle en France sous contrainte de dépense publique.
Ce que ces chiffres changent pour un projet de formation en 2026
Un projet de formation financé par le CPF en 2026 se prépare avec trois données en tête : le solde du compte, la participation de 150 euros et l'éligibilité de la certification visée. Prenons un exemple : un salarié à temps plein depuis cinq ans dispose de 2 500 euros de droits ; pour une formation de 1 200 euros, il règle la participation forfaitaire, sauf abondement de son employeur, et le compte couvre le reste.
- Vérifier le solde sur le site Mon Compte Formation, avec l'identité numérique La Poste exigée depuis 2022.
- Contrôler la certification : seule une formation certifiante (RNCP, répertoire spécifique, permis, VAE, bilan) entre dans le champ du CPF.
- Rechercher l'offre par métier ou par ville sur l'application, et consulter également les avis publiés ; un message reçu par les réseaux sociaux ou par SMS au nom du CPF relève le plus souvent de l'arnaque.
- Comparer les modalités : se former à distance convient aux langues ou à l'informatique, alors que le présentiel s'impose pour le permis de conduire et les gestes techniques ; une formation en présentiel demande aussi de prévoir le temps de trajet.
- Choisir un organisme de formation certifié Qualiopi et se méfier de tout démarchage, interdit pour le CPF depuis 2022.
- Demander un abondement à l'employeur ou à France Travail avant de valider le dossier.
Le choix d'un cursus diplômant plus long relève d'un autre circuit ; les guides pour choisir une formation comparent les voies possibles selon le projet et le niveau d'études.
CPF en 2025 : reste à charge, permis moto et VAE
Combien de Français ont utilisé leur CPF en 2025 ?
Le nombre de titulaires qui ont mobilisé leur CPF en 2025 recule de 10 % par rapport à 2024, pour 1,226 million de formations débutées ; un tiers d'entre eux avaient déjà utilisé leurs droits.
Quel est le montant du reste à charge du CPF ?
La participation forfaitaire obligatoire vaut 150 euros en 2026, après 102,23 euros en 2025 et 100 euros à sa création le 2 mai 2024 ; un abondement de l'employeur en dispense.
Quelles formations le CPF finance-t-il le plus en 2025 ?
Le transport, permis de conduire en tête, concentre 40 % des entrées ; l'informatique, la sécurité, la communication et la VAE sont les domaines qui progressent le plus.





