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Le Monde des Études

Combien de contrats d'apprentissage ont débuté en 2025 ?

Combien de contrats d'apprentissage ont débuté en 2025 ?

En 2025, 846 977 contrats d'apprentissage ont débuté dans le privé et le public, contre 889 891 en 2024 : les chiffres de l'apprentissage marquent un recul de 4,8 %. Ces données de la Dares, service statistique du ministère du Travail, couvrent janvier à décembre, de l'été à la rentrée puis novembre.

Quels sont les chiffres clés de l'apprentissage 2025 ?

Les chiffres clés de l'apprentissage 2025 viennent du tableau de bord des politiques de l'emploi (PoEm) de la Dares, alimenté par le Système d'information sur l'apprentissage. La série a été mise à jour le 23 septembre 2026 ; elle compte les nouveaux contrats à leur date de début, reconductions comprises, sur la France entière. Pour la première fois depuis la réforme de 2018, le nombre de nouveaux contrats baisse sur une année pleine.

Nouveaux contrats en 2025
846 977 entrées, secteurs privé et public réunis, contre 889 891 en 2024 (-4,8 %).
Apprentis en contrat au 31 décembre 2025
1 014 485 contrats en cours, contre 1 048 840 un an plus tôt (-3,3 %).
Enseignement supérieur
501 091 entrées, soit 59 % du total, en baisse de 7,4 %.
Enseignement secondaire (CAP, bac professionnel, BP)
345 886 entrées, quasi stables (-0,8 %).

Ces données restent provisoires durant trois ans : la Dares estime les contrats les plus récents en partie à partir de la déclaration sociale nominative, puis les consolide. Les totaux annuels de cette page additionnent les séries mensuelles publiées ; ils peuvent donc bouger de quelques centaines d'unités d'une publication à la suivante, sans changer la tendance. Chaque région publie aussi son propre rapport annuel, par sa direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DREETS), pour mesurer la dynamique locale par rapport à l'année précédente.

Un calendrier des entrées concentré entre juillet et novembre

L'apprentissage en France suit le calendrier scolaire : septembre concentre à lui seul 439 234 entrées en 2025, soit 52 % de l'année. De juillet à octobre, les signatures atteignent 669 598 contrats, près de quatre sur cinq. Novembre et décembre prolongent la rentrée pour les jeunes qui trouvent un employeur tardivement, tandis que janvier accueille les rentrées décalées des centres de formation d'apprentis (CFA).

Période20242025Évolution
Janvier27 29523 085-15,4 %
Février à juin69 34374 234+7,1 %
Juillet49 43346 170-6,6 %
Août110 307103 391-6,3 %
Septembre457 679439 234-4,0 %
Octobre89 22680 803-9,4 %
Novembre47 85145 028-5,9 %
Décembre38 75735 032-9,6 %
Total889 891846 977-4,8 %

Le recul de janvier tient à un effet de date : début 2024, les employeurs bénéficiaient encore de l'aide de 6 000 euros, alors que le décret de février 2025 a réduit le montant. Le printemps progresse (février à juin, +7,1 %), puis la rentrée de septembre, la plus lourde, perd 18 445 contrats. Fin septembre, le nombre d'apprentis en contrat atteignait 1 001 055 ; novembre et décembre ont continué à reculer, de 5,9 % et 9,6 %.

Pourquoi l'enseignement supérieur porte presque toute la baisse

La baisse des contrats d'apprentissage en 2025 se concentre dans l'enseignement supérieur : 40 253 entrées de moins, soit 94 % du recul total. Les formations de niveau bac+2 à bac+5 (BTS, BUT, licences professionnelles, masters, écoles d'ingénieurs et de commerce) avaient tiré la croissance depuis 2019 ; elles sont aussi les plus sensibles au coût de l'apprenti pour l'entreprise, car le salaire minimum progresse avec l'âge.

Entrées par cycle20242025Part en 2025
Enseignement secondaire348 547345 88641 %
Enseignement supérieur541 344501 09159 %

L'enseignement secondaire résiste : le CAP et le bac professionnel en alternance restent une voie d'insertion professionnelle directe dans l'artisanat, le bâtiment, l'hôtellerie et les services à la personne. Pour un étudiant qui hésite entre deux diplômes courts, la comparaison entre un BUT en trois ans et un BTS en deux ans pèse aussi sur la décision de signer un contrat d'apprentissage dès la première année ou plus tard.

Comment se finance l'apprentissage en 2025 ?

Le financement de l'apprentissage en 2025 repose sur deux étages : la prise en charge du coût de la formation par l'opérateur de compétences (OPCO) de la branche, selon un niveau de prise en charge fixé par France compétences, et l'aide à l'embauche versée à l'employeur par l'État. Le centre de formation facture l'OPCO ; l'apprenti ne paie aucun frais de scolarité.

Pour les contrats conclus du 24 février au 31 décembre 2025, service-public.gouv.fr indique une aide plafonnée à 5 000 euros pour la première année dans les entreprises de moins de 250 salariés, 2 000 euros à partir de 250 salariés (sous condition d'un objectif d'alternants), et 6 000 euros pour un apprenti en situation de handicap, quel que soit l'effectif. La fiche officielle sur l'aide à l'embauche d'un apprenti détaille ces règles. La Cour des comptes avait souligné dès 2022 le déséquilibre financier du système, alimenté par la hausse rapide du nombre d'apprentis depuis la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel de septembre 2018.

Quel impact de la baisse des contrats d'apprentissage ?

Le stock d'apprentis diminue moins vite que les entrées : 1 014 485 contrats en cours au 31 décembre 2025, contre 1 048 840 fin décembre 2024 (-3,3 %). Un contrat dure le plus souvent de un à trois ans, les promotions signées en 2023 et 2024 restent donc en formation et amortissent l'effet. La France conserve ainsi plus d'un million d'apprentis, un niveau sans précédent avant 2021.

L'effet varie selon le profil. Une entreprise de moins de 250 salariés garde une aide de 5 000 euros ; une grande entreprise voit le coût net d'un apprenti du supérieur augmenter. La rupture du contrat reste libre pour chacune des parties pendant les 45 premiers jours de formation pratique en entreprise, ce qui limite le risque d'un recrutement mal engagé. Ce dispositif protège aussi le parcours de l'apprenti, qui peut rejoindre un autre employeur sans perdre sa place en formation : le CFA dispose de six mois pour l'aider à retrouver une entreprise et poursuivre son parcours. Pour un étudiant de master, l'arbitrage entre alternance et stage de fin d'études dépend désormais davantage de la politique de recrutement de chaque employeur. Les contrats de professionnalisation, l'autre forme d'alternance sous contrat de travail, relèvent de la formation professionnelle continue et ne figurent pas dans ces totaux.

Quels changements pour l'apprentissage depuis 2025 ?

Les règles d'aide ont de nouveau changé en 2026. D'après service-public.gouv.fr, les contrats conclus du 1er janvier au 7 mars 2026 ouvrent droit à l'aide unique de 5 000 euros seulement dans les entreprises de moins de 250 salariés et pour un diplôme jusqu'au niveau bac. Depuis le 8 mars 2026, une aide exceptionnelle s'y ajoute selon le diplôme et la taille de l'entreprise, par exemple 4 500 euros pour un diplôme de niveau bac+2 dans une petite structure.

Les premières données 2026 prolongent la tendance : fin juillet 2026, le tableau de bord de la Dares compte 911 425 contrats en cours, contre 944 260 fin juillet 2025 (-3,5 %). La mise en place de ces nouvelles aides pèsera surtout sur la rentrée de septembre 2026, dont le bilan paraîtra à partir de novembre. Aucune prévision officielle ne chiffre encore cette rentrée : son évolution dépendra de l'activité économique, du taux d'emploi des jeunes et du dispositif d'aide que le gouvernement retiendra pour 2027. Le recul touche davantage les cursus longs que la formation initiale de niveau bac ou CAP, comme le montrent aussi les guides pour choisir une formation, de l'enseignement secondaire au supérieur.

Les séries complètes, mensuelles et par cycle, se consultent sur le tableau de bord PoEm de la Dares, mis à jour chaque mois.

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