Note(s) taguée(s) 'méthodes de sondage'

Quel mode d’enquête ?

Nous l’avons vu, un institut propose à son client/prospect une méthodologie à partir de contrainte théoriques (échantillons probabilistes et empiriques : principes du sondage, méthodes probabilistes, méthodes empiriques / les panels, / la représentativité et les redressements) et de contraintes pratiques (cliquez sur l’image pour l’agrandir):

choix de la méthode de sondage

Nous avons déjà présenté les différentes méthodes probabilistes et empiriques de sondage qu’il existe.

Notons cependant qu’il existe différents modes d’enquête qui peuvent s’appliquer pour chaque des méthodes de sondage :

  • L’enquête par téléphone.
  • L’enquête postale.
  • L’enquête par Internet.
  • L’enquête en face à face.

Voici les principaux avantages et inconvénients de ces méthodes :

L’enquête par téléphone L’enquête postale L’enquête par Internet L’enquête en face à face
Durée d’administration Ne doit pas excéder 30 min. Privilégier des questionnaire de 5 à 6 pages Ne doit pas excéder 10 à 15 min. Peut durer plus d’une heure si rdv. Sinon ne doit pas excéder 10 à 15 min.
Souplesse d’administration Difficulté pour montrer des images mais interactions possibles entre enquêteur / enquêté Aucune interaction possible Possibilité de montrer des images, quelques interactions via les filtres Souplesse totale : possibilité de tester des objets, des packaging, etc.
Rapidité de la réalisation de l’enquête Rapide (si les fichiers sont bons > un bon fichier contient 3 ou 4 fois le nombre d’interviews à faire) Lent voire très lent Rapide (si suffisament de contacts).
Possibilité d’avoir un traitement automatisé des réponses
Variable (dépend de la cible)
Contrôle de l’échantillon Maîtrise totale Aucune maîtrise (qui répond ?) Maîtrise totale mais difficile d’avoir un échantillon représentatif de la population française (personnes agées peu équipées par exemple) Maîtrise totale
Couverture géographique Grande voire illimitée Grande voire illimitée Illimitée Limitée (coûts d’enquête)
Taux de non réponse Le taux de non réponse varie souvent entre 20 et 40%.
Problème des listes rouges
Taux de non réponse souvent très élevé Le taux de non réponse varie mais semble relativement élevé (si vous avez des infos, je suis preneur) Très variable
Coûts Coûts dépendent de la distance des appels Coûts postaux Coûts peu élevés Coûts plus élevés (frais de déplacement, etc.)
Avantages notables - Possibilité de fixer des Rdv
- Bonne implication des répondants
- Grande possibilité de contrôle du terrain
- Grande liberté de réponse pour l’interviewé
- Possibilité de faire une opération de communication en même temps que l’enquête
- Grande liberté de réponse pour l’interviewé
- Gestion des quotas automatisée
- Coûts
- Enquête in situ
- Dialogue, possibilité de poser des questions plus « privées »
- Opération de communication interne auprès du personnel qui voit le déroulement de l’enquête
Inconvénients notables - Nécessite de bons fichiers
- Durée du questionnaire réduite
- Nécessite un gros travail sur le questionnaire, qui doit être limpide
- Délais alongés
- Réponses parfois illisibles, questionnaires inexploitables
- Taux de non réponse
- Seuls les internautes peuvent répondre
- Taux de non réponse
- Biais d’enquête
- Organisation complexe
- Coûts

La représentativité (part. III) : les intervalles de confiance : quelle taille d’échantillon pour quelle précision ? + un cadeau !

Si vous avez suivi ce qu’on a vu, théoriquement, vous savez comment obtenir un échantillon représentatif de votre population.

Petit rappel : cet échantillon peut être représentatif car vous avez utilisé une méthode probabiliste ou parce que vous avez construit votre échantillon de façon à ce qu’il reflète quelques caractéristiques clés de la population (on peut vérifier cette représentativité avec le test d’ajustement du khi² et dans le cas où l’échantillon n’est pas représentatif, on peut recourir aux redressements).

Maintenant il s’agit de savoir combien d’individus vous allez interroger.

Bien entendu, cela dépendra en grande partie du budget et de la méthode de sondage. Mais pas seulement. Le nombre d’individus interrogés va en effet jouer sur la précision des résultats que nous allons obtenir une fois les questionnaires administrés et saisis.

La confiance que l’on va accorder à nos résultats va donc changer en fonction du nombre d’individus interrogés.

A noter qu’à la base, l’intervalle de confiance (ou marge d’erreur) est un principe statistique qui ne s’applique théoriquement qu’aux échantillons aléatoires, mais les gens des études étant prudents, ils ont généralisé cette pratique aux échantillons empiriques.

Le principe est plutôt simple : si 10% des gens que vous avez interrogé répondent « oui, j’ai l’intention d’acheter le produit X », on ne pourra dire que dans la population (française par exemple), 10% des gens auront l’intention d’acheter le produit… A cause des effets de hasard, un peu de prudence est en effet de rigueur, surtout si vous n’avez interrogé que 100 personnes !

Ainsi un calcul d’intervalle de confiance (je ne détaille pas ici la formule, je vous renvoie à Wikipedia) nous permet de savoir qu’en interrogeant 100 personnes, si 10% d’entre elles disent « oui, j’ai l’intention d’acheter le produit X », on peut prévoir que l’intention d’achat déclarée dans la population sera comprise entre 4.1% et 15.9%.

Un échantillon de 1000 personnes avec 10% de « oui, j’ai l’intention d’acheter le produit X » aurait pu affiner la prévision de l’intention d’achat déclarée dans la population entre 8.1% et 11.9%.

En augmentant la taille de l’échantillon, on augmente la précision de nos résultats. Bien sur, on ne va pas mettre un budget énorme pour améliorer la précision d’un sondage (surtout qu’il faut multiplier par 4 l’échantillon pour améliorer la précision deux fois) mais c’est important de définir une taille d’échantillon suffisante pour une précision adéquate, le tout dans un budget défini. A noter que parfois, il est utile de proposer des sondages sur peu d’individus (donc peu chers) si on n’a aucune connaissance d’une problématique ou alors qu’on sait que les comportements et avis sont très tranchés sur un sujet (et donc moins soumis aux aléas et sur lesquels les intervalles de confiance sont donc moins grands).

Voilà pour le principe. Pour concrétiser cela, je vais vous faire un petit cadeau !

Le fichier Excel que vous pouvez télécharger ci-dessous vous servira à calculer automatiquement les intervalles de confiance pour un échantillon donné (remplir la case verte).

Icône Excel
Télécharger l’outil (.xls)

Cliquez droit sur le lien > Enregistrer la cible du lien sous… voilà !

Les panels

Nous avons vu selon quelles méthodes un échantillon pouvait être constitué (méthodes probabilistes et méthodes empiriques, souvenez-vous).

Il nous reste cependant à voir les panels.

Les panels sont des échantillons « permanents » de ménages ou d’individus (ou de magasins, ou autres) qui sont interrogés régulièrement. Les panels permettent donc de suivre l’évolution des comportements / opinions dans le temps.

Il existe de très nombreux panels. Plutôt que de les citer tous (non seulement ça serait long mais surtout inutile : de nouveaux apparaissent régulièrement), contentons-nous de citer les principaux types de panels qu’il existe :

  • Les panels de consommateurs : échantillons permanents de ménages, représentatifs de la population des ménages français. Les panélistes remplissent des questionnaires ou sont équipés d’un lecteur code-barres (solution la plus fréquente) qui renseignent sur la consommation des ménages.
  • Les panels de distributeurs : il s’agit cette fois de panels de points de vente de détail qui, en utilisant (le plus souvent) des lecteurs code-barres (parfois directement ceux des caisses), renseignent sur les ventes.
    Avec les panels de ditributeurs et de consommateurs, il est aisé de déterminer les fameuses parts de marché.
  • Les panels mixtes : ils ont pour but de « mélanger » les panels consommateurs et distributeurs. Très efficaces pour mesurer les effets d’actions promotionnelles (PLV, promotions sur prix de vente, etc.).
  • Les panels professionnels
    • Les panels gérés par une entreprise : certaines grandes entreprises gèrent elles-mêmes un panel de leurs clients. Une pratique qui se répend de plus en plus.
    • Les panels gérés pour une profession : certaines professions disposent d’un panel propre à leur métier (panels de l’industrie pharmaceutique).
  • Les acces panels : légérement différents des autres, il s’agit en fait de très grand panel d’individus qui ont donné leur accord de principe pour répondre à une enquête s’ils sont appelés. Très pratiques pour recruter des échantillons de consommateurs d’un type particulier de produit pour une étude.
Avantages des panels Inconvénients des panels
Les panels ont l’avantage d’être très riche en informations. En effet, quand un individu est recrutés dans un panel, il donne de nombreuses informations personnelles qui pourront, plus tard, être croisées avec les données de l’étude.

L’autre avantage des panels est la possibilité de faire des mesures d’évolutions très précises.

Les panels ont en revanche pour problèmes d’être relativement complexes et couteux à constituer. Il faut en effet trouver des individus prêts à participer.

En plus de cela, les panélistes, souvent amenés à se prononcer sont soumis à un « effet panel ». En clair, les panélistes sont de plus en plus conditionner à répondre à des enquêtes… et sont mêmes de plus en plus enclins à conditionner leurs achats pour les rationnaliser.

A noter que pour limiter « l’effet panel » et éviter de fausser les résultats des études réalisées, les panels sont renouvelés à hauteur de 20% environ tous les ans.

Les méthodes de sondage (part. 2)

Nous l’avons vu (Note Le principe du sondage), il existe deux grandes familles de méthodes de sondage : les méthodes probabilistes et les méthodes empiriques
Nous avons déjà détaillé les méthodes probabilistes dans la note « Les méthodes de sondage (part. 1) », voici donc le moment de se pencher d’un peu plus près sur les méthodes empiriques.

Petit rappel nécessaire : on dit qu’un échantillon est constitué selon une méthode empirique quand on ne connaît pas à priori la probabilité de chaque individu de la population concernée d’appartenir à l’échantillon. Quand il n’existe pas de liste de sondage de la population (cas très courant), on a donc recours aux méthodes empiriques.

Avant de regarder plus précisemment quels sont les principales méthodes empiriques, on peut constater que ces méthodes ont l’avantage d’être moins chères que les méthodes probabilistes.

Voici les principales méthodes empriques de sondage :

  • La première méthode probabiliste est la méthode des quotas : à partir de caractéristiques de la poplation qu’on connaît, on va constituer un échantillon qui conservera les mêmes caractéristiques. C’est la méthode la plus utilisée en France.
    Le principe est simple : on suppose que si, comme dans la population, notre échantillon comporte XX% de femmes, AA% d’hommes, BB% de cadres, YY% d’individus de la région Lorraine, etc., il se comportera comme le ferait les individus de la population en général sur les questions que l’on souhaite étudier. On va donc pouvoir généraliser les réponses que l’on mesure à la population.
    Quelques règles à retenir dans la pratique des quotas : les quotas doivent être faciles à identifier, ne doivent pas être trop nombreux et il faut que les variables sur lesquels on applique des quotas soient liées au problème étudié.
  • Une autre méthode probabiliste est le sondage auprès de volontaires : il s’agit tout simplement de demander à des individus de répondre (par exemple : auprès de lecteurs d’un journal).
  • La méthode de l’échantillonage sur place : on interroge les individus sur le lieu d’achat ou d’activité par exemple. Avec cette méthode, il faut particulièrement faire attention à la disposition des lieux (ne pas interroger toujours au même endroit, ne pas interroger que les individus sortant du lieu, etc.) et aux moments d’enquêtes.