Marketing en ligne sur les médias sociaux en langues étrangères

Le marketing sur les médias sociaux est devenu presque incontournable pour les entreprises qui élaborent une stratégie de communication globale, et les professionnels du marketing en ligne connaissent de mieux en mieux les avantages et les résultats qu’offrent les campagnes sur les médias sociaux.

Mais les e-marketeur de langue maternelle anglaise ou française risquent de passer à coté du potentiel immense des plates-formes sociales en langues étrangères. En effet, ceux qui ignorent ces opportunités sont souvent ceux qui ne connaissent pas la dynamique des consommateurs internationaux.

Les Internet World Stats ont publié en juin 2010 des statistiques indiquant que les cinq pays qui représentent les plus grandes proportions d’internautes. Ce sont la Chine (21,4%), les États-Unis (12,2%), le Japon (5,0%), l’Inde (4,1%) et le Brésil (3,9%). Trois des cinq pays sont donc émergents et 3 sur 5 non-anglophones.

Ces pays offrent des opportunités importantes pour l’export et pour le marketing en ligne, l’un et l’autre étant favorisés par une utilisation intelligente des outils du marketing social.
Quelques indices :

La Chine
Renren.com et Qzone.com dominent la scène chinoise. Le premier est un clone de Facebook et compte quelque 120 millions d’utilisateurs, pour la plupart des étudiants, bien que l’entreprise espère capter dans les prochaines années d’autres niches et catégories démographiques.

Qzone a quelque 380 millions d’utilisateurs ; il est toutefois probable que beaucoup de ces comptes d’utilisateur soient en hibernation, car tous les utilisateurs du réseau de messagerie instantanée QQ, le plus important de Chine, se voient attribuer un compte chez Qzone.

Le troisième plus grand réseau social chinois est Kaixin001.com, très populaire parmi les cadres et les développeurs de jeux sociaux tels que Slave Manor et Happy Farm.

Le Japon
Le marché japonais est dominé par Mixi.jp et Twitter.jp.
Mixi et de loin l’acteur principal, avec 80% des utilisateurs, soit environ 30 millions. Le site Twitter.jp, lancé en 2008, a quelques 5 millions d’utilisateurs actifs. Il a aussi un modèle de paiement fort intéressant : ses utilisateurs peuvent demander des frais à ceux qui veulent consulter leurs tweets, au mois ou à l’unité.
Les e-marketeurs doivent savoir que les utilisateurs japonais ne sont pas opposés à payer pour du contenu de qualité, surtout sur le web mobile, et que les alphabets chinois et japonais permettent aux utilisateurs d’insérer beaucoup plus de mots dans leurs tweets que ne peuvent le faire ceux qui écrivent en français, par exemple.

L’Inde
Ici Facebook vient tout juste de dépasser Orkut en termes de visiteurs uniques par mois ; Facebook en compte désormais 20,87 millions pour les 19,87 d’Orkut, selon les statistiques Comscore de juillet 2010.
Ces deux réseaux sont bien connus des e-marketeurs occidentaux et en conséquence offrent un marché bien attractif. Une autre plate-forme populaire est BharatStudent, un point d’accès très prometteur pour les entrepreneurs qui s’adressent aux jeunes, avec 4,32 millions de visites uniques par mois.

Le Brésil
Orkut est point de rassemblement le plus populaire au Brésil et, en fait, 51% du trafic total de ce site provient de cet pays. Cela fait environ 20 millions de visites mensuelles. Sonico.com, un autre réseau important, est personnalisé pour une audience latino-américaine et compte environ 8 millions de membres au Brésil. La lutte pour la troisième place n’est pas encore finie : tandis que Myspace perd progressivement du terrain, Facebook monte tout aussi lentement vers le podium.

Pour investir les réseaux en langue étrangère, la première étape sera certainement de décider des pays qui vous intéressent. Un des moyens de le faire est de regarder la démographie des utilisateurs de médias sociaux dans chaque pays susceptible de vous intéresser et de les filtrer selon vos intérêts. Comscore et Nielsen sont deux sources importantes pour de telles infos.

Après l’identification de quelques réseaux en langue étrangère qui offrent un certain potentiel pour la promotion de votre entreprise, l’étape suivante serait d’entrer en contact avec un spécialiste en communication sur les médias sociaux du pays concerné. Il pourra vous conseiller sur l’étiquette, le savoir-faire et le comportement en ligne acceptable au sein de ces réseaux régionaux, ce qui est vital dans certains lieux. Ainsi en Chine par exemple, le contrôle gouvernemental et la censure peuvent avoir un impact important sur les activités de marketing en ligne : on y filtre jusqu’aux billets qui contiennent un ou plusieurs mots interdits.

Il est probable qu’une entreprise aura aussi besoin des services d’un traducteur exerçant dans sa langue maternelle pour l’écriture ou la traduction du contenu d’une campagne susceptible d’être comprise par les utilisateurs locaux ainsi que de gagner leur confiance. Ce sont des investissements somme toute modestes dans une expertise locale qui a toutes les chances d’apporter des retours sur investissement attractifs si on considère l’ampleur de ces plates-formes de socialisation locales.

Article écrit en collaboration avec Christian Arno.

Christian Arno est le fondateur et Directeur Général de la société de traduction Lingo24. Avec des clients dans plus de soixante pays et des opérations sur quatre continents, Lingo24 a réalisé un chiffre d’affaire de 6 millions de dollars en 2009.

Update : un beau graph sur les médias sociaux en Chine trouvé ici : http://www.thomascrampton.com/china/china-social-media-evolution/.

Vous trouverez d’autres graphs et analyses sur les médias sociaux à travers le monde sur le blog : http://www.thomascrampton.com/

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