Baromètre ECHO : l’étude qui remet les médias sociaux à leur place ?

Récemment Scanblog et OpenedMind ont publié les résultats de leur1er baromètre ECHO. (article original : ici)

Partant du constat que les informations sur les français et les médias sociaux sont souvent parcellaires, les deux sociétés voulaient rétablir ce manque avec un premier baromètre fort bien venu.

Ce baromètre mixe trois méthodologies :

  • Une partie quantitative réalisée sur un échantillon représentatif de la population française de 1.021 personnes (il faut savoir – et merci à Cédric Thyrant d’Opened Mind pour ces précisions ! – que l’échantillon est représentatif de la population française selon la méthode des quotas mais qu’elle ne comprend que des individus allant sur Internet (logique, car le terrain est fait via un panel online))
  • Une partie quantitative et qualitative sur des blogueurs influents (52) qui viennent agrémenter les enseignements de leurs remarques.
  • Enfin, d’une écoute du Web (remarques glanées sur le Web via moteurs de recherche intégrées au rapport pour lui donner un peu de profondeur).

Mais trêves de précisions méthodologiques, passons aux enseignements (je m’intéresserai ici surtout aux aspects liés aux médias sociaux, mais sachez qu’une partie du baromètre s’intéresse à l’e-réputation des français. Pour synthétiser, disons qu’ils sont encore méfiants et se sentent vulnérables, plus de détails dans le rapport).

Finalement, et un peu à l’image de Twitter, le web social, participatif et conversationnel, n’est pas encore si répandu qu’il n’y paraît : il n’est alimenté que par la moitié des internautes (et seulement 12% qui prennent la parole régulièrement). Un constat qui risque d’évoluer rapidement avec un quart des internautes qui envisagent de prendre la parole alors qu’ils ne l’ont jamais fait et avec une prédominance des jeunes chez les internautes « actifs ».

Constat incroyable : la suprématie des moteurs de recherche : source d’information privilégiée des internautes, ils bénéficient en plus d’une confiance très élevée (similaire à un ami, à un collègue…) ! Voilà un résultat qui va peut-être légèrement écorcher la hype autour du web social qu’il existe chez les annonceurs actuellement ? En tout cas, cela mérite l’attention des annonceurs, surtout que ces médias sociaux ne sont crédités que d’une confiance relativement basse (en-dessous d’un vendeur en magasin par exemple).

La faible importance (en termes de source d’info et de confiance) des médias sociaux ou des blogs pour les consommateurs s’explique t-elle par les différences de profil entre les blogueurs et les lecteurs ?
C’est peut-être une piste d’explication, mais l’échantillon blogueurs reste un peu faible pour le dire… mais dans tous les cas, le mythe des médias sociaux et blogs se retrouvent écorché par ce baromètre. Une des conclusions de Scanblog et OpenedMind que je cite n’en paraît que plus juste : « Étant établi le rôle encore prépondérant des moteurs de recherches dans le processus d’influence de l’internaute français, et le rôle plus modeste des médias sociaux, il semble aujourd’hui plus prioritaire pour un annonceur de  privilégier son SEO (« Search Engine Otpimization ») que son SMO (« Social Media Optimization »). »

Si le baromètre vient éclairer l’importance des médias sociaux d’un autre angle, il ne dit pas aux annonceurs d’arrêter de prendre la parole sur le web social.
Au contraire, il laisse entendre que les stratégies social média devraient toujours passer par la création d’une relation sincère (car les français font globalement davantage confiance aux sources dont ils sont proches) et ayant une véritable valeur ajoutée pour le client (et non juste une relation commerciale déguisée).

Un autre rapport d’Edelman sur l’utilisation des médias sociaux vient ici donner des (bons) conseils encore plus approfondies aux marques qui s’intéressent aux stratégies social média :

4 commentaires sur "Baromètre ECHO : l’étude qui remet les médias sociaux à leur place ?"

  1. Merci Grégoire pour cette reprise de notre étude et votre propre lecture de ses résultats. C’est une bonne chose que vous ayez (re-)précisé que nos conclusions n’incitent pas les annonceurs à stopper leur prise de parole sur les médias sociaux, mais à la penser différemment.

  2. Stephane Cavallini dit :

    Merci, pour ces informations.

    Remetre un peu de perspective dans la prospective

  3. Intéressant en effet de sortir un peu la tête de nos tropismes de veilleurs/gens d’études/marketeurs/communicants : oui 90% des gens qui vont sur le web, n’écrivent rien et lisent les premiers avis sur les marques en fonction de ce que Google leur ramène en première page.

    Pour la partie veille de notre métier ça tord le cou au fantasme de la panoptique (genre « Et si on indexait tout le web ») et à celui du grand secret (hérité du domaine de l’IE) : ce qui doit intéresser les annonceurs c’est ce que voient les vrais gens. Que le web invisible reste invisible.

    Pour la partie analyse de notre métier, ça implique à s’interroger plus sérieusement sur les pondérations des avis en fonction des sources et ça c’est un vrai défi.

  4. Grégoire Hervé-Bazin dit :

    Réflexion très juste !

    Effectivement, étrange de se rappeler parfois que le Web est vécu autrement qu’une veille permanente du dernier sujet chaud sur Twitter ou du commentaire négatif de la fan-page Facebook de Nestlé…

    Suis intéressé pour en savoir plus sur vos règles de pondérations et sur vos réflexions sur ce sujet… pour un partage sur ce blog ?!

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