Mesurer un phénomène dans une population : le principe du sondage

Les sondages reposent sur 2 principes :
– il est possible de généraliser un phénomène étudié sur un échantillon tiré d’une population à l’ensemble de cette dernière (cette généralisation est appelée « inférence statistique« ) ;
– les individus sont supposés avoir un avis sur le phénomène étudié et être capable de se positionner vis-à-vis de celui-ci.

Le deuxième principe semble relativement évident.

Le premier, en revanche, mérite quelques précisions. Il faut notamment savoir qu’il existe deux types de méthodes pour tirer un échantillon d’une population : les méthodes probabilistes et les méthodes empiriques. Pour comprendre la différence, je vous ai fais un petit schéma :

Sondages probabilistes VS Sondages empiriques

Petite question que l’on est en droit de se poser : interroger des individus au hasard dans un magasin pendant une semaine pour définir le profil des clients de ce magasin, leur satisfaction, etc… Est-ce de l’aléatoire ou de l’empirique ?

Et bien… C’est une méthode empirique !
En effet, vous ne savez pas qui vous allez interroger avant même d’aller administrer des questionnaires. Le fait que vous interrogiez les individus « au hasard » n’est qu’une sécurité pour essayer d’avoir tous les profils des clients (vous raisonnez donc la construction de votre échantillon).
Avec cette méthode, vous ne pouvez pas, par exemple, interroger quelqu’un n’étant pas venu au magasin pendant la semaine durant laquelle le questionnaire était administré… alors qu’avec une méthode vraiment probabiliste, un individu n’étant pas venu dans le magasin cette semaine là aurez eu la même chance d’être interrogé qu’un individu y venant tous les jours.

Ce qu’il faut retenir :
– Les échantillons probabilistes sont rares.
– Un échantillon est constitué selon une méthode probabiliste uniquement si l’on dispose d’une base de sondage avant même de lancer le terrain (i.e. d’aller administrer les questionnaires)
– La grande majorité des études se font sur des échantillons empiriques (constitués de façon raisonnée)
– Les méthodes probabilistes permettent de calculer des marges de sécurité (appelées marges d’erreur) pour une généralisation plus prudente des résultats.
– Les échantillons empiriques utilisent, en pratique, les propriétés des méthodes probabilistes (marges d’erreur) pour une généralisation plus prudente des résultats.

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