La nature des questions

Nous avons déjà parlé du format des questions (question ouverte, question fermée), attardons nous maintenant sur un sujet capital : la nature des questions.

Beaucoup l’ignorent mais les questions n’ont pas toutes la même nature. Ce point est particulièrement important car, de la nature de la question dépendra les traitements statistiques qu’on pourra réaliser. Il est donc particulièrement important de savoir quelles sont les différentes natures des questions afin de prévoir au mieux ses tris et savoir ainsi exactement ce que l’on pourra obtenir.

Il existe 3 natures de questions différentes. La nature d’une question dépend des relations qu’ont les modalités de réponse à cette question entre elles (si ce n’est pas clair, continuez l’article, des exemples facilitent la compréhension).

  • Les questions nominales. Les plus simples, elles ont des possibilités statistiques limitées.
  • Les questions ordinales. Introduction de la notion d’ordre, un peu plus de possibilité statistiques.
  • Les questions métriques (ces questions regroupent deux sous-natures de questions, dont nous ne parlerons pas : les questions d’intervalles et les questions de proportion ou ratio). Ont à la fois l’ordre et la distance, les variables les plus puissantes au niveau statistique.

Reprenons ces variables en détail :

  1. Les questions nominales

Ce sont les variables les plus « simples » possibles, elles ne servent qu’à vérifier l’appartenance du répondant à une catégorie ou à une autre. Concrètement, ce sont les questions pour lesquels les modalités de réponses n’ont pas de lien entre elles, une modalité n’est pas meilleure que les autres.
Par exemple, la question « sexe ? » a pour réponses « homme » ou « femme », mais on peut dire que l’une des réponses vaut mieux que l’autre. C’est la même chose pour la question « Quelle est votre profession ? » ou même toutes les questions à choix multiples comme « Parmi la liste de loisirs ci-dessous, lesquels préférez-vous ? ».
Le point commun entre toutes ces questions est qu’elles sont nominales : on ne peut pas dire qu’une modalité de réponse est meilleure qu’une autre, il n’y a aucune relation d’ordre entre elles.
On le verra plus tard, mais les tests statistiques sont limités sur ces questions (pourcentages… éventuellement mode).
Petit conseil : pour « vérifier » qu’une question est nominale, repensez à l’exemple de la CSP ou du Sexe et posez-vous la question : a-t-on la même logique ici ?

  1. Les questions ordinales

Ici, on introduit la notion d’ordre (comme le laisse largement deviner le nom même de ces questions). Concrètement, les modalités ont un ordre, sans que cela implique qu’elle aient toute une distance équivalente entre elle. Cette notion de distance n’est peut-être pas très claire spontanément, mais voici un exemple pour comprendre :
Par exemple, la question « Pouvez-vous classez les trois marques ‘A’, ‘B’ et ‘C’ de celle que vous préférez à celle que vous aimez le moins ? » est une question ordinale. Les répondants pourront ainsi dire que B est supérieur à C qui est supérieur à A mais en aucun cas on ne pourra savoir si la marque préférée est très largement devant dans l’esprit des individus ou si au contraire, le classement est très serré. On n’a donc pas cette notion de distance entre les modalités de réponse.
On le verra plus tard, les tests statistiques sur ces questions sont un peu plus puissants que sur les questions nominales mais encore assez limités (pourcentages, mode, médiane, fractiles).
Petit conseil : pour « vérifier » qu’une question est ordinale, essayez de savoir si vous pouvez dire que la distance entre deux modalités (‘A’ et ‘B’ par exemple) est deux fois plus grande qu’entre d’autres modalités (‘B’ et ‘C’ par exemple). Si vous pouvez parler d’ordre sans parler de distance, vous avez une question ordinale sous les yeux. Si vous pouvez parler d’ordre et de distance, vous avez une question métrique.

  1. Les questions métriques

Les questions métriques ont à la fois la notion d’ordre et de distance entre les modalités de réponse.
Par exemple, toutes les questions comme « quel est votre âge ? », « Pourriez-vous donner une note de satisfaction entre 0 et 10 à ‘produit A’; 0 étant la moins bonne note, 10 étant la meilleure et les notes intermédiaires vous permettant de nuancer votre jugement ? » sont des variables numériques. Elles appellent une réponse qui va à la fois permettre un classement ordonné et un classement dans lequel on saura quelles sont les distances entre les réponses des gens (par exemple, le répondant attribuant une note de 9/10 donne bien 4 points de plus qu’un répondant attribuant une note de 5/10).
On le verra plus tard, les tests statistiques sur ces questions sont les plus puissants (pourcentages, mode, médiane, fractiles, moyenne, écart-type).
Petit conseil : pour « vérifier » qu’une question est ordinale, essayez de savoir si vous pouvez dire que la distance entre deux modalités (‘A’ et ‘B’ par exemple) est deux fois plus grande qu’entre d’autres modalités (‘B’ et ‘C’ par exemple). Si vous pouvez parler d’ordre sans parler de distance, vous avez une question ordinale sous les yeux. Si vous pouvez parler d’ordre et de distance, vous avez une question d’intervalle ou de ratio.

En résumé, conservez à l’esprit que la nature des questions est capitale pour votre plan de traitement (tris à plat et tris croisés !). Une question ne se verra pas « traitée » de la même façon et on aura toujours plus de possibilités avec une variable ordinale qu’avec une variable nominale et encore plus de possibilité avec une variable métrique qu’avec une variable ordinale.

Variables métriques supérieures à variables ordinales supérieures à variables nominales (statistiquement parlant).

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