Archive(s) pour la catégorie 'Marketing online'

Le comportement du consommateur hyperconnecté

Internet a complétement modifié notre façon de consommer, c’est une évidence. Aujourd’hui le consommateur se voit attribué de nouveaux adjectifs : « social » ou « hyperconnecté » (entre autres).

J’ai trouvé (sur blog de nuit) une vidéo simple et efficace qui illustre bien quelles places prennent les médias sociaux dans le processus d’achat et de recommandation du consommateur social (ici le consommateur cherche à acheter un « blank », bref un bien quelconque, ça marche avec tout) :

De leur côté, les annonceurs ne savent pas encore tous parfaitement sur quel pied danser face à ce consommateur social hyperconnecté.

Voici quelques extraits du dossier de l’observatoire des pages jaunes sur l’hyperconnectivité :


Extraits de l’interview de Daniel Kaplan, Délégué général de la Fondation pour l’Internet Nouvelle Génération
Les consommateurs hyperconnectés sont-ils forcément hyperdisponibles pour recevoir des messages ?

Non, au contraire ! Face à la multiplication des messages, le consommateur va mettre en œuvre une stratégie d’« écologie de la communication », c’est-à-dire qu’il va réguler sa joignabilité pour ne pas se laisser submerger par les informations. Des études sociologiques montrent déjà que l’individu régule les fonctions mail, SMS, chat, selon le type d’interlocuteur et le message à véhiculer.

Comment les marques peuvent-elles se démarquer face à un consommateur hypersollicité ?

En prenant conscience qu’une communication descendante classique ne fonctionnera pas. La première exigence, pour les marques, c’est d’apporter du service et de la valeur. Une valeur solide, crédible, et incontestable. Faire du buzz ne suffit pas : rappelez-vous les opérations pub sur Second Life. Au bout de la dixième marque présente dans ce monde virtuel, le message n’avait plus de sens. Il faut penser le message en termes de service : pour communiquer sur un concert, une marque pourrait utiliser un affichage interactif, qui proposerait au consommateur d’acheter directement une place via son mobile, ou de visionner un clip du groupe.

L’aspect dialogue avec le consommateur est-il important ?

Evidemment. Les marques doivent se mettre en « mode conversation », et aller là où les consommateurs discutent déjà de leurs produits. Elles ont tout intérêt à communiquer sur des forums, des blogs, des espaces collaboratifs où les consommateurs parlent déjà d’elles, et à entrer dans le dialogue.


Extraits de l’interview de Christophe Léon, président fondateur de Pure Agency.
Un fois ces supports « colonisés », comment entrer en dialogue avec le consommateur ?

Sur les réseaux sociaux, une simple présence publicitaire peut déjà être pertinente, car le niveau de ciblage du public est très fort (par âge, par situation géographique, par centre d’intérêt). Mais le consommateur attend surtout de la marque qu’elle entre en discussion avec lui. Pas une discussion qui dissimule un message corporate, mais un dialogue transparent. [...]

Quels peuvent-être les termes de ce dialogue ? Une posture de service ?

Bien sûr, et d’autant plus dans l’univers du mobile. Le nombre d’applications sur l’Iphone explose… mais beaucoup sont des applications « kleenex », qu’on jette dès que l’on s’en est servi une fois. Pour durer, les marques doivent donc offrir un service qui a une valeur d’usage en mobilité, qui soit utile aux clients. Aufeminin.com, leader des communautés féminines sur le web, a par exemple développé un service mobile qui permet un suivi personnalisé de sa grossesse. C’est en effet le thème de la maternité qui rallie le plus de suffrages sur les forums. Les mamans ou futures mamans peuvent donc échanger, lire des infos via leur mobile… Une application qui fonctionne très bien. Sur le site mobile de Voyages SNCF, on peut échanger son billet de train à la dernière minute, connaître le quai de départ 20 minutes à l’avance, ou encore avoir des infos sur un retard éventuel… C’est cela qu’attend le consommateur.

N’y a-t-il pas un risque de submerger le consommateur de propositions, d’informations, de messages ?

Non, sauf si les marques font de la publicité pure et dure. En revanche, si elles ont une démarche de service et de dialogue, il n’y a pas de risque d’être trop intrusif vis-à-vis du consommateur. Sur le mobile, c’est le consommateur qui a le contrôle ; il a le choix d’utiliser telle application ou non, de se connecter à tel réseau social ou non. Les marques ne doivent donc pas être omniprésentes, mais simplement disponibles.

Esperons que de nombreux annonceurs liront ces lignes, qui tiennent du bon sens de mon point de vue de consommateur social et qui résument effectivement assez bien mes attentes.

Pour aller plus loin et illustrer cela, je vous invite à prendre connaissance des notes de Gregory et de Gaetan sur leur rencontre avec le PDG France de Coca-cola qui s’essaye à la plateforme collaborative.

Microsoft et le projet Natal : un buzz qui en dit long

Vous l’avez peut-être déjà lu/vu/entendu récemment, Microsoft veut « révolutionner le jeu vidéo ».

Les médias ont en effet largement communiqué sur l’annonce faite (via la vidéo ci-dessous) par Xbox il y a quelques semaines concernant son futur projet de console : le projet Natal.

Voici la fameuse vidéo que Xbox a lancé sur le net :

Que penser de cette annonce et surtout de la stratégie de Microsoft-Xbox derrière celle-ci ? De mon point de vue, cette  campagne « buzz » s’intègre parfaitement dans la stratégie de Xbox.

Il est bon de se rappeler un peu l’histoire de l’arrivée de la firme américaine sur le marché japonais des jeux vidéos : alors que Nintendo jouissait d’une réputation et d’une histoire forte mais que le marché était très largement dominé par Sony et sa série Playstation 1 et 2, Microsoft s’est lancé sur le marché en 2001.

A l’époque, la stratégie de Microsoft semblait indiquer une position de concurrence frontale avec Sony (multimédia, jeux « adultes », etc.) et on peut dire que les débuts furent difficiles. Cependant, à force de publicités marquantes la firme, dotée d’une capacité d’investissements impréssionnante, la Xbox s’est un peu implantée aux USA et en Europe.

Mais le véritable coup de génie de Xbox a eu lieu en 2005 : la firme a en effet sorti la XBOX 360 un an avant la sortie des concurrentes. En jouant sur les cycles de vie des consoles, Xbox a brisé une règle bien établie du marché et a vu sa part de marché grimper en flêche (sans oublier a guerre des prix qui a suivie) pour dépasser celle de Sony. Ainsi, en prenant tout le monde de vitesse, Xbox a pu « éliminer » son adversaire historique, Sony.

De son côté, Nintendo a plutôt opté pour une stratégie de différenciation avec le casual gaming (la Wii et le succès qu’on lui connaît). Mais, récemment, Xbox s’est aventurée sur le terrain de la Wii en créant des avatars et en signant des licences plus familiales.

Et là, deuxième coup de génie de Xbox : la vidéo sur le projet Natal. Il paraît assez clair, à la vue de la stratégie de compression du temps de Xbox, que cette vidéo a clairement pour but une attaque frontale de Nintendo et de sa Wii. Encore une fois, la firme joue sur la rapidité et, avec cette annonce, peut ainsi s’approprier l’idée et le concept de cette nouvelle forme de jeux (pourtant proche dy système Wii).

Ainsi, Microsoft a éliminé un concurrent en racourcissant les cycles de vie des consoles et compte éliminer le deuxième avec la même stratégie, renforcée par une communication très pro-active pour s’approprier le positionnement « casual gaming ».

De son côté, Nintendo et Sony sont beaucoup plus discrètes sur les futures consoles… Sony va peut-être accentuer son positionnement sur le serious gaming (la norme devenant le casual gaming) et ainsi conserver une part de marché respectable. Nintendo, de son côté, peut soit rentrer en concurrence frontale avec Microsoft (stratégie déjà essayée – avec pertes et fracas – avec la Nintendo 64 face à la Playstation1) soit à nouveau créer la surprise avec un nouveau système de jeux. Réponse en 2010-2011…

Pour aller plus loin, voici un extrait de l’excellente émission Culture Pub qui reprend l’historique de Xbox (émission d’origine ici) et qui m’a donné envie d’écrire cette note :

Partenariat Ifop et HautEtFort

Un vent de nouveauté souffle depuis quelques temps sur le monde des études.

Depuis quelques années, ce vent se fait même de plus en plus violent et se transforme peu à peu en une tempête qui emportera les instituts les moins réactifs.

Les plus perspicaces d’entre vous l’ont deviné, je fais référence aux études de conversations sur le web (parfois appelé études des retombées web). Nous l’avons notamment vu avec Spotter, certains instituts se positionnent même de plus en plus sur ce créneau parfois délaissé par les « grands ». Je pense également à l’excellent institut Linkfluence et à ses magnifiques cartes illustrant les conversations sur le web (exemple ici).

Pour ceux qui n’ont pas suivi ou qui ne savent pas de quoi je parle, il s’agit, pour résumer, de mener des études sur les discussions spontanées qui se tiennent sur le web concernant un sujet, une marque, etc. Ces conversations peuvent avoir lieu dans des billets de blog, sur twitter, sur facebook, dans des forums,…

Bref, la nouvelle du moment c’est la réaction d’un des « grands ». Ifop a en effet annoncé un partenariat avec HautEtFort. Voici le document de présentation :

Ma première réaction ?

Enfin ! C’est une bonne nouvelle que le marché réagisse à la demande croissante des annonceurs qui s’intéressent logiquement aux conversations spontanées qui concernent leurs marques/produits. Ifop, avec Hautetfort, va ainsi pouvoir entrer sur ce marché…

Ma deuxième réaction est moins positive : je trouve que ça manque un peu de structure.

En effet, quels sont les partis-pris d’Ifop et de HautetFort ? On sait, via l’exemple dans le PowerPoint, qu’Ifop selectionne des blogs aléatoirement parmi ceux hébergé par HautetFort. Bien. Mais les blogs de Hautetfort ne sont certainement pas les mêmes que ceux hébergés par Skyblog, ni que les blogs Google (blogger). On est donc sur un échantillonnage d’un échantillon des conversations du web.

De plus, la séléction aléatoire est sans doute la plus prudente mais quid du poids des blogs (en terme de lecteurs, de fréquence de publication, etc.) ? Une selection aléatoire revient ainsi à ne pas favoriser les blogs les plus lus et à les considérer aussi importants que les blogs que personne ne suit…

Cela dit, je ne serai pas plus critique que cela, car il faut laisser le temps à l’outil de s’installer et de faire ses preuves.

D’autant plus qu’Ifop a apparement décidé d’en faire une utilisation plus qualitative (étudier les verbatims, les phrases) que quantitative (impliquant une volonté de généraliser les résultats à l’ensemble du Web). Et, si ce choix se confirme, mes « critiques » n’auront quasiement plus lieu d’être.

Enfin, je fais confiance à l’Ifop pour prendre toutes les décisions méthodologiques qui conviendront et pour savoir convaincre leurs clients. Après tout, c’est quand même un des instituts les plus novateur de l’histoire.

Pour conclure, je dis donc bravo à Ifop et HautetFort pour l’initiative louable et leur exprime ma plus vive impatience concernant les premiers résultats publiés.

Les vidéos virales : qu’en pensent les agences ?

Feed company a recemment publié les résultats d’une étude sur le marketing viral… du point de vue agences.

40 responsables d’agences ont ainsi pu donner leur avis sur ce média. Un nombre relativement faible mais qui permet une prise de température de l’état d’esprit du marché sur les vidéos virales :

J’en retiens que :

- 70% des agences interrogées vont augmenter leurs budgets pour ce type de campagne,

- 3 répondants sur 4 ont été satisfaits des résultats obtenus par leur campagne de vidéo virale,

- la moitié des répondants considèrent qu’une vidéo virale est un succès si elle obtient 500 000 visionnages ou plus,

- le point à améliorer en priorité dans les campagnes de vidéos virales est le tracking / reporting,

- enfin, si la vidéo virale n’est pas encore un moyen standard de communication, elle est appelée à le devenir d’ici 3 ans pour plus de 7 répondants sur 10.

En résumé, les agences voient les vidéos virales comme un média encore jeune (problèmes de tracking, opinions très divergeantes sur ce qu’est un succès pour une vidéo virale, etc.) mais prometteur.

En attendant que le consommateur se lasse de cette pratique…

Le document d’origine au format PDF est disponible ici / Merci à blogsetie.blogspot.com pour l’info.